Stéfi Celma

À quatre ans et demie, Stéfi Celma faisait sa première télé, en participant à l’émission L’école des fans de Jacques Martin. Elle n’avait pourtant pas pour ambition d’embrasser une carrière de chanteuse ou de comédienne. Non, ce que la petite Stéfi souhaitait, c’était « gagner des jouets et rencontrer Dorothée ». En grandissant, elle a continué d’envisager sa passion comme un jeu. Jusqu’à ce qu’une évidence vienne la rattraper : Stéfi Celma est faite pour briller. Et c’est son rôle dans la série à succès Dix pour cent qui l’a révélée.

© Marie Minair

Lumineuse. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque Stéfi Celma entre dans le café où nous avons rendez-vous. Il émane d’elle une énergie qu’on a envie d’aggriper, histoire d’en conserver quelque temps les bienfaits. Dans Dix pour cent, elle crève l’écran en interprétant le rôle de Sofia, une apprentie comédienne qui tente de se faire repérer par un agent et qui finira par tourner une comédie musicale avec Julien Doré. Pendant longtemps, on lui a demandé de se définir soit par la chanson, soit par la comédie. Stéfi est aujourd’hui heureuse de pouvoir faire les deux, sans être obligée d’avoir une étiquette collée sur le front. Dans sa carrière de comédienne, elle le reconnait volontiers, il y a un avant et un après Dix pour cent. Elle a récemment tourné à Los Angeles pour le réalisateur américain Michael Mayer (Out in the dark), dans Happy times, un film choral dans lequel elle joue un des rôles principaux : « La productrice et le réalisateur m’ont repérée dans Call my agent, le titre américain de Dix pour cent sur Netflix. Je ne les ai pas crus lorsqu’ils m’ont contactée. »

En tant que comédienne, Stéfi est autodidacte et on lui a conseillé de préserver sa spontanéité.

Pendant longtemps, Stéfi n’a pas envisagé faire ce métier. Après un bac scientifique, elle s’inscrit en fac de sciences, avant de laisser tomber : « Je n’étais pas à ma place, je ne comprenais pas l’intérêt pour moi de faire des maths. » Elle s’oriente alors vers les sciences économiques, sans grande conviction. En réalité, elle pensait devenir ingénieur du son. Parce qu’elle aimait la musique. Parce qu’elle avait appris depuis toute jeune le piano classique. Et c’est à 20 ans qu’un agent l’aperçoit sur scène lors de la comédie musicale de Zazie, Sol en cirque. Elle n’avait rien cherché, et pourtant le métier de comédienne est venu l’embrasser. Son premier rôle, elle l’interprétera dans une série quotidienne pour TF1 : « j’étais stressée, et le rythme de travail était intense. Je n’ai même pas osé me regarder à l’écran, la peur se lisait dans mes yeux. » dit-elle en riant. Et puis, tout s’est enchainé. Stéfi Celma a joué au théâtre, elle a tourné dans 9 longs métrages, dont le dernier, Pupille de Jeanne Herry, est actuellement au cinéma.

© Marie Minair

Son enfance en banlieue parisienne a été bercée par la musique. Elle se souvient de la platine vinyle de son père, de Michel Berger et des musiques antillaises, qui évoquent ses origines martiniquaises. Des voyages à travers la France dans la voiture familiale où tout le monde chantait. Elle a été influencée par le gospel, pratiqué par ses oncles, tantes et cousins. La musique, dans la vie de Stéfi, a toujours été là pour la guider. Si bien qu’elle a décidé de se lancer : « jusque-là j’ai joué des rôles. Et j’ai envie de mettre mon coeur sur la table ». Comme si sa musique allait raconter sa vérité, Stéfi veut prendre le temps de trouver sa couleur. De dessiner les contours de son identité. Elle a déjà commencé à travailler avec Jali et Imani Assumani à Kinshasa, lors d’un voyage d’un mois dans cette ville qui chérit tant la musique. Elle n’était jamais allée en Afrique noire, et elle a eu là-bas une révélation : « ça a été le voyage de ma vie ». De par sa dimension humaine, mais aussi parce que « le son qu’on a trouvé là-bas, je sais qu’on ne peut pas le trouver ici. »

Le coeur de Stéfi semble assez grand pour y héberger tous les siens. Sa famille dont elle est très proche et ses amis, son « noyau dur », indispensable à son équilibre. Elle parle de son amie Hélène avec une grande admiration et évoque le rôle qu’a joué sa grande soeur Valérie dans sa vie. De 12 ans son aînée, elle a été pour Stéfi une seconde maman, « même si ma mère est exceptionnelle ». Les deux soeurs sont aussi proches qu’elles sont différentes : « Valérie a toujours été très sage, très pudique, et moi je suis la relou qui fait des bisous ». Stéfi mime avec une grande auto-dérision ses bisous. Elle imite le bruit de l’amour qu’elle témoigne à sa famille avec des « mouak mouak » avant d’éclater de rire.

Depuis toujours, Stéfi Celma a fait confiance à son instinct. Son talent et sa personnalité ont fait le reste. Et après ces deux heures passées avec elle, je comprends pourquoi Stéfi Celma nous fait tant d’effet. Si la beauté transpire dans chacun de ses traits, c’est celle de son âme qui m’a bouleversée.


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