Jonathan Noble

À l’âge de 15 ans, Jonathan Noble a créé une plateforme pour programmer la publication de tweets à une heure donnée. Sept ans après, ClockTweets est devenu Swello et Jonathan est à la tête d’une start-up toulonnaise qui vient de lever près d’un demi-million d’euros de fonds d’investissement. Rencontre avec un jeune homme qui ne fait rien comme tout le monde, avec une simplicité et une humilité attendrissantes.

« J’ai du mal à y croire ».  Au lendemain de l’annonce publique de la levée de fonds, Jonathan n’a pas encore réalisé ce qu’il vient de se passer. Hier soir, avec son équipe, il a organisé une soirée à Ollioules, une ville proche de Toulon, pour informer une centaine de personnes de la bonne nouvelle et surtout, les remercier. Des partenaires, des amis, des proches, des collaborateurs. Des gens croisés sur son chemin, certains virtuellement, tous issus d’horizons différents. Parmi eux, le groupe d’investisseurs constitué de PACA Investissement, Var Business Angels, Creazur et Olbia Invest. C’est important pour lui d’inviter tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de son projet. Comme Guillaume Passaglia, ex-dirigeant du site VDM, qui n’a pas pu être présent, mais qui a décidé d’investir dans Swello. Cela faisait quelques années que cette figure du web suivait Jonathan. Et c’est parce qu’il est admiratif de son parcours qu’il a décidé d’investir. « Guillaume est avant tout une belle rencontre. Et je suis tellement heureux et fier que cette référence du web nous soutienne ».

Jonathan sait qu’il vient de franchir une étape. Grâce à ces 465 000 euros, la jeune entreprise innovante va pouvoir grandir. Cette évolution, il a souhaité la matérialiser par un changement de nom et d’identité visuelle. C’est désormais « Swello » qui va vous aider à programmer vos publications sur les réseaux sociaux. La plateforme ne se limite plus à Twitter mais débarque sur Facebook, Linkedin et bientôt sur Instagram et Snapchat. Elle n’est plus un simple outil de programmation mais accompagne ses clients pour accroître, fidéliser et augmenter leurs audiences. « On propose un service de conseil en temps réel, une analyse de l’impact des publications,… et grâce à la levée de fonds on va pouvoir étendre l’accès à la plateforme avec des applis mobiles, ajouter de nouveaux réseaux sociaux et de nouvelles fonctionnalités ». Il existera toujours une version gratuite et des formules payantes, en fonction des besoins. Aujourd’hui Swello c’est 2,7 millions de messages programmés par 29 000 utilisateurs dont 430 grands groupes comme France Télévisions, Canal Plus, la Fédération Française du Sport automobile,… dans plus de 20 pays.

Est-ce qu’à 15 ans, lorsqu’il a eu cette idée, Jonathan imaginait qu’il serait, 7 ans plus tard, patron de 5 employés ? « J’ai commencé à blogger à 14 ans. Et quand j’étais au lycée, j’avais envie de publier en journée, mais j’étais en cours. À l’époque il n’y avait pas de smartphone, pas de 4G,… ». Jonathan lance alors un appel sur Twitter : « Ça existe un logiciel/site pour publier des Tweets à une heure donnée ? ». Les réponses sont toutes négatives. Un tel outil n’existe pas. Mais Santarref, installé au Canada, lui propose de « bidouiller un truc ». Voilà comment ClockTweets est né. « C’était du bricolage » mais la plateforme fonctionnait. Un jour, il reçoit la visite de Thibaud, le meilleur ami de son grand-frère, qui bosse dans le web : « je peux t’aider à améliorer ta plateforme ». Thibaud est aujourd’hui l’associé de Jonathan.

« J’ai eu beaucoup de chance. »

Une chance que son talent et sa ténacité ont certainement provoqué. Car pendant 7 années, Jonathan n’a pas lâché son bébé. Il l’a choyé, l’a fait évoluer, grandir,… Sera-t-il autonome un jour ? « Certainement. Mais pour le moment, je suis toujours investi à fond dans cette aventure ».

Jonathan a su très tôt qu’il voulait entreprendre. Après son bac, il a fait un DUT en alternance et a commencé à bosser en tant que Web Designer. Pour créer sa start-up, il a ensuite intégré un « accélérateur » toulonnais (TVT Innovation). « J’ai été accompagné dans toutes les étapes. Et j’ai beaucoup appris ». Son parcours est atypique. « En France c’est le cas. Mais aux États-Unis, beaucoup de jeunes abandonnent leurs études pour créer des start-ups ». Ses parents n’ont jamais freiné ses ambitions. Ils l’ont au contraire encouragé à se lancer. « Ils me faisaient confiance parce que j’étais quelqu’un de raisonnable ». Peut-être qu’il l’a été justement parce que ses parents croyaient en lui ? « C’est exactement ça. Mes parents nous ont éduqués mon frère, ma sœur et moi dans la liberté ». Jonathan insiste sur le rôle majeur joué par sa famille. Leur soutien est indéfectible, dans les bons comme dans les mauvais moments, et ils sont « garants de mon humilité ». Jonathan est effrayé par l’idée de perdre les pédales, de « prendre la grosse tête ». Ça ne lui est pas encore arrivé, mais il sait que si cela devait se produire, ne serait-ce qu’une demi-seconde, son entourage serait là pour lui rappeler d’où il vient.

Ce qui anime le plus Jonathan dans cette aventure, ce sont les rencontres incroyables qu’il a pu faire et qu’il fait encore.

Il s’en étonne. Il n’a certainement pas conscience qu’au-delà de la pertinence de son idée, de sa combativité, Jonathan incarne son projet. Il l’a façonné à son image. Et a su lui insuffler toute l’humanité qu’il porte en lui. « J’adore ma team. On travaille beaucoup mais on rit tout autant. Hier, pour fêter la bonne nouvelle, on a balancé des confettis dans les bureaux qu’on partage avec Tuto.com (une autre start-up toulonnaise) » Jonathan n’a pas besoin de se prendre au sérieux, ou de porter un costard pour être crédible. « Je suis toujours en short. Un journaliste a récemment écrit un article en insistant sur ce point. J’ai trouvé ça dommage. » Car ce n’est pas pour provoquer que Jonathan s’habille ainsi. « Je suis juste comme je suis dans la vie ». Et son hygiène de vie, Jonathan en prend soin. Sans se forcer. « Je fais 10 heures de sport par semaine, du badminton et du tir à l’arc ». Ça lui permet de décompresser. Il ne boit pas. Ne fume pas. « Cela ne m’a jamais attiré. » Il est très fier de me dire qu’il est en excellente santé « Pour les assurances, j’ai dû faire une batterie de tests. J’ai même fait ma première prise de sang et je vais super bien ! »

C’est une bonne nouvelle car Jonathan a encore énormément de choses à vivre. La semaine prochaine, il va essayer de partir quelques jours voir son frère à Bordeaux. « Ça fait trois ans que je n’ai pas pris de vacances ». Il va bientôt se verser sa première paie. « Jusqu’à présent avec Thibaud on s’attachait à payer les salaires des employés et les charges ». Son rêve ? «  Je ne sais pas. Tout ce qui m’est arrivé jusqu’alors je ne pouvais même pas l’imaginer! » Ce qu’il souhaite pour le moment, c’est atteindre l’équilibre financier pour faire encore grandir ce bébé. Et il le dit avec beaucoup de sincérité.


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