Cécile Grès

Du haut de ses 28 printemps, Cécile Grès a déjà une solide expérience en tant que journaliste sportive spécialisée « rugby ». Formée à l’Equipe, Cécile a travaillé en radio puis en télé. Depuis la rentrée, elle commente les matches de Pro D2 sur Eurosport et participe à l’émission « Au contact » sur cette même chaîne. Elle me donne rendez-vous dans un café du 6ème arrondissement.

Cécile Grès

© Marie Minair

Il est 16h. Je suis attablée au Coffee Club. Cécile franchit la porte et me cherche du regard. Habitant le quartier, elle est venue à pieds. Aux pieds, elle porte une paire de basket. Comme souvent. Cécile est féminine mais elle aime être à l’aise dans ses pompes. Son confort vestimentaire est important, surtout depuis qu’elle arpente les stades de France pour commenter le championnat de Pro D2 sur Eurosport. La pluie, le vent, le froid,… qu’importe la météo, les vendredis et dimanches, Cécile est en bord de terrain. Être au coeur de l’action lui plaît vraiment. Elle se fait un point d’honneur à retranscrire en direct les émotions qu’elle ressent, avec beaucoup de spontanéité « nous sommes là pour apporter « un truc en plus » que les gens ne voient pas derrière leur écran ». Régulièrement, elle s’autorise quelques blagues à l’antenne. Fan inconditionnelle de rugby, elle réagit parfois avec trop d’honnêteté, quitte à être un peu revêche dans ses interviews « quand une équipe vient de se prendre 40 points, je demande ce qu’il se passe ».

La serveuse nous interrompt. Nous commandons deux thés « detox ». Cécile me raconte son parcours. Le journalisme n’a pas été une vocation. Pendant longtemps, elle a hésité quant à son avenir professionnel. Plus jeune, elle voulait devenir libraire. Elle a étudié les lettres modernes avant de se spécialiser en journalisme lors de son année de Master. C’est pour un stage qu’elle a décidé de postuler au journal l’Équipe. « Parce que je me disais que j’avais plus de chances d’y rentrer que dans un quotidien généraliste ». Une expérience très formatrice. Après les JO de Londres elle finit par intégrer la rédaction. Le sport fait partie de sa culture familiale. Et le rugby en particulier. Son père est originaire de Brive. Enfant, elle y passait beaucoup de temps avec ses cousins pendant les vacances. « Et comme, nous n’avions pas beaucoup de loisirs, nous assistions aux entraînements de l’équipe première en semaine et nous allions au stade le week-end ».

De son premier papier paru dans l’Équipe, elle garde un souvenir ému « j‘étais si fière que j’ai dû acheter 10 exemplaires du journal ».

Cécile Grès

© Marie Minair

Elle a ensuite bossé en radio sur Le Mouv’ avec Sylvère-Henry Cissé, « une belle rencontre ». Lorsque l’Équipe crée sa chaîne de télé l’Équipe 21 on lui propose de participer à l’émission « On va s’en mêler ». La saison suivante, elle est débauchée par Eurosport. Cécile est enthousiaste. Lorsqu’elle annonce à ses parents qu’elle va faire de la TV, son père émet quelques réticences « nous sommes trop gentils pour ce monde-là ». Ce monde-là, elle l’aborde avec beaucoup de détachement. Prendre la grosse tête ce n’est pas le genre de la maison. À ses débuts, elle a écrit des histoires sous forme de nouvelles, juste pour elle, nourries de ses premières expériences « dans le milieu », ou lorsqu’elle avait besoin d’expier des petites contrariétés. Un moyen de prendre du recul. C’est important pour elle de garder un lien avec la presse écrite. C’est pourquoi elle continue d’être pigiste pour l’Equipe et parfois pour le magazine GQ. Écrire, elle a toujours aimé ça.

Le papier représente quelque chose de noble selon elle. Faut dire qu’il fait partie de son histoire. Son père est imprimeur. Et petite, elle passait un temps fou à griffonner les carnets qu’il ramenait à la maison. Cécile est très proche de sa famille. De sa maman, bavarde, à la fois « mère louve et mère Theresa », qui a récemment repris des études de philosophie en cours du soir en plus de son travail à la maternité, de son père plus taiseux et fan de rock anglais, et de son petit frère Paul, le deuxième doigt de sa main. Enfants, ils partaient souvent en colonie de vacances tous les deux. Cécile protégeait son frère cadet. « Aujourd’hui, le système s’est un peu inversé, c’est lui qui prend soin de moi. Paul, c’est la force tranquille, et moi je suis la grande sensible de la famille ». À mesure que Cécile se dévoile, je perçois cette sensibilité dont elle parle. Elle m’interpelle « Je suis bavarde non? D’habitude je ne parle pas autant ». L’heure de l’apéro approche, nous commandons deux bières.

Cécile Grès est une bonne vivante. Elle aime manger. En revanche, elle sort peu et privilégie les dîners chez des amis, ou en famille. « Avec ma mère bretonne c’est soirée crêpes toutes les deux semaines ». Elle va peu au cinéma et préfère regarder des films à la TV. Ses goûts sont très éclectiques « j’adore Les bronzés par exemple mais cela ne m’empêche pas de lire parfois trois livres par semaine ».

Elle n’a aucun snobisme culturel et supporte mal les gens élitistes; « j‘adore dire que je ne sais pas et qu’on m’apprenne des choses ».

Elle en profite pour me confier un secret : « je suis fan d’Eddy Mitchell ». Elle écoute aussi des sons plus pointus ou du funk notamment du label Motown, « ma passion ». En ce qui concerne sa carrière, tout ce qu’elle souhaite c’est exercer son métier de journaliste le plus longtemps possible. Son rêve? « Présenter Faites entrer l’accusé ». Elle rit. Native de Paris, Cécile est très attachée à sa ville. Mais elle se rend souvent à Brive en famille ou au Pays Basque avec ses copines, pour les vacances. Elle s’est d’ailleurs récemment essayée au surf avec Clémentine Sarlat; « l’apprentissage est laborieux ». Mais elle compte bien persévérer. Question de nature.

Très active sur les réseaux sociaux, Cécile « n’aime pas les gens qui dégoulinent leur intimité ». Ce n’est pas pour préserver le mystère qu’elle reste discrète sur sa vie privée mais bien pour se protéger. « Les gens ne sont pas obligés de tout savoir, de connaître mes failles ». Elle y parle beaucoup rugby, poste de jolies photos de paysages sur Instagram et n’hésite pas à faire preuve d’auto-dérision sur Twitter lorsqu’elle fait des « bourdes » à l’antenne. Elle est d’ailleurs pas mal suivie et les commentaires qu’elle reçoit sont presque toujours bienveillants. Ça lui est arrivé de subir des insultes de la part d’une internaute. Un fait isolé. « Cela fait partie du jeu. J’essaie de garder mon sang-froid même si parfois cela me blesse ».  

Cécile est une belle jeune femme. Elle a surtout une tête bien faite. Fait preuve de beaucoup de finesse lorsqu’elle parle de son métier qui la passionne, de pudeur lorsqu’elle se décrit, de douceur lorsqu’elle fait allusion à son amoureux et de fierté lorsqu’elle évoque sa famille. Comme on dirait d’un joueur de rugby que c’est « un bon mec », Cécile Grès est « une chouette nana ».


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One thought on “Cécile Grès

  1. pourriez vous s vp lors des commentaires de bord de touche parler plus fort car lorsque un remplacant d une equipe entre sur le terrain souvent nous ne comprenons point le nom de celui ci tellement vous parlez si bas aupres de votre micro il en est aussi de meme pour vos interwiew simplement un conseil sans rancunes. cordialement j justafre

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